L’Europe s’accepte mal comme terre d’immigration

October 5, 2009 · Filed Under Français ·  

[Le Monde] 5 octobre 2009 Deux semaines après la fermeture par la France de la “jungle” de Calais, refuge de 800 clandestins en chemin vers la Grande-Bretagne, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) publie un véritable réquisitoire contre les politiques antimigratoires. Présenté lundi 5 octobre, le rapport annuel du PNUD est entièrement consacré à ce thème, sous le titre explicite “Lever les barrières, migration et développement humains”.

Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au Centre d’études et de recherches internationales, qui vient de publier La Globalisation humaine (PUF) après un récent Atlas mondial des migrations (éd. Autrement), estime également que les gouvernements font fausse route en privilégiant une approche sécuritaire.

Pourquoi peut-on parler de globalisation des migrations ?

Presque toutes les régions du monde sont désormais concernées soit par le départ, soit par l’accueil, soit par le transit. C’est une révolution considérable. Depuis moins de vingt ans, le monde est entré en mouvement. Mais cette période de mobilité généralisée ne traduit pas nécessairement une migration de peuplement. Beaucoup de migrants aspirent à s’installer dans la mobilité comme mode de vie. La mobilité est valorisée pour les plus qualifiés, les plus riches, mais les pauvres y aspirent aussi. Les gens n’acceptent plus la fatalité d’être nés dans un pays pauvre, mal gouverné, soumis à des aléas climatiques…

En quoi cela oblige-t-il les sociétés à évoluer ?

Ce phénomène touche au vivre ensemble, c’est-à-dire à la définition même de la citoyenneté. Les pays européens font depuis peu l’expérience de ce multiculturalisme, qui a conduit les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie à redéfinir leur citoyenneté dans les années 1960. Le vivre ensemble est une des grandes questions du XXIe siècle : toutes les sociétés vont être concernées par la migration.

C’est vrai aussi au Sud : le Maroc, le Mexique, la Turquie sont toujours des pays de départ mais sont aussi devenus des pays d’accueil et de transit. Il y a un brouillage du statut des pays, mais aussi des catégories de migrants. Au cours de sa vie, une même personne peut être sans-papiers, travailleur qualifié, réfugié…

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Source: Le Monde

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